Publicité enjolivante, réponse salée
26 Jul
Les publicitaires misent logiquement sur certaines valeurs telles que la fraternité afin de donner une image humaine et proche de la cible visée à la marque pour qui ils travaillent.
Montrer le bon côté des choses part d’un très bon sentiment, mais quand ce qui est raconté dans un film d’une minute est trop déconnecté de la réalité, la réponse peut être salée. C’est la situation dans laquelle s’est fourré l’opérateur Israélien Cellcom, avec ce spot signé par la McCann.
Cellcom a tout simplement voulu montrer que plus de communication était possible entre les peuples, et qu’un mur ne suffisait pas à diminuer l’envie d’échanger. Il faut croire que la communication est réellement possible puisque les Palestiniens ont vite eu vent de la publicité. Quelques jours après la diffusion du spot Cellcom en Israël, une vidéo fût postée en réponse par des Palestiens. Bizarrement, ce n’est pas aussi glamour que dans l’imaginaire de Cellcom :
Même si les Palestiniens ayant posté la réponse ne sont pas du tout dans la cible de cette pub destinée au marché Israélien, il serait naïf de croire que la McCann ne se soit pas posée la question avant de proposer une telle idée à son client. A votre avis, cette prise de parole est elle opportune ? La réaction de ces palestiniens l’est-elle aussi ?

J’ai vu cette pub (et la réponse) au zapping ce week end. la publicité est belle, part d’un bon sentiment. Elle vend de la communication et le rêve de dialogue israélo palestinien. Les valeurs sont bonnes, le propos aussi. Elle a donné envie à des palestiniens, non pas d’acheter le produit ou de souscrire un forfait, mais d’ouvrir le dialogue en jouant au foot. Pour une fois, qu’une marque réussit à vendre autre chose qu’un produit… A mon sens il n’y a que la réaction israélienne qui soit totalement disproportionnée. mais je me pose une question: est ce que les publicité palestiniennes sont visibles par les israeliens ? Car finalement, pour pouvoir communiquer et partager un message il vaut mieux avoir les mêmes bases de langages…
On s’accorde sur l’idée de départ de la McCann : fraternité, échanges… pertinente pour un opérateur téléphonique.
Mais la réaction des palestiniens me paraît logique : utiliser le mur dans une publicité, et l’utiliser comme un terrain de jeu, n’est-ce pas nier la guerre, nier le conflit, et nier la souffrance ?
Au passage, comme régulièrement dans le conflit israëlo-palestinien, ces derniers réussissent la guerre des images et la guerre médiatique : répondre à un ballon de foot par des fimugènes et un déplacement d’unités, c’est d’avance perdre la partie…
@Greg … il me semble que c’est une publicité israelienne, et non palestinienne.
Je suis assez ok avec fabienhecquet. Même si les propos d’origines sont louables, un palestinien qui a vu son jardin coupé en deux par un mur doit se demander si l’on ne le prend pas pour un con. Et la réponse en fumigène ne fait que confirmer l’appréhension du palestinien.
Moi j’en retire une grande leçon : même si on pense que pour une fois on va produire un film dépassant la simple promotion d’un produit (ce qui est je pense, le reve de 99% des creatifs), il ne faut pas omettre la réalité au profits d’un discours qui sera forcement publicitaire. Parce que sinon, la démarche n’a qu’un nom : de l’opportunisme commercial.
>> A la relecture de ma note, je me rends compte qu’elle n’est pas tres claire. désolé, mais le temps presse. comprendra qui pourra.